Un hiver sous raclette

Pour une fois qu’il y a quelque chose à tirer des suisses, à par leur système bancaire, on allait pas se gêner. Ah, grand génie, père de tous les pères, grand frère de pascal le grand frère, soleil estival, phare qui guide notre bateau à travers les hivers les plus froids, skipper qui nous entraîne parmi les vents les plus forts, je te remercie. Je te remercie et te bénie, toi inventeur de la raclette. Je te remercie, habitant du petit village de Valais (en même temps, en suisse je ne sais pas s’il y a des grands villages), qui un jour a décidé de faire fondre du fromage afin de le racler pour pouvoir l’étaler sur une pomme de terre garnie de charcuterie.

Je chanterais la raclette s’il le fallait, j’en jouerais si c’était un instrument, je l’épouserais si c’était une femme. Au vin blanc ou à la bière, au ski ou à la maison, à l’ancienne ou à la moderne, nombreuses sont les manières de manger la raclette. Mais pourquoi un tel engouement autour de ce fromage fondu ? Pourquoi tant de chalands se réunissent par temps glacial afin de déguster ce lait fermenté et réchauffé ?

La raclette a de nombreuses vertus, mais revenons un peu sur son histoire, histoire trop souvent oubliée, non enseignée dans les écoles. C’est une honte et un sacrilège qu’il faut à tout prix réparer.

La raclette naquit au XIXème siècle dans le canton du Valais, créé par de divins bergers suisses. La raclette s’appelle alors fromage rôti. Le principe est simple, il suffit de couper en deux une grosse meule de fromage pressé, non cuit, assez souple et reconnaissable à sa couleur dorée, faisant rougir de honte le roi Midas, de l’approcher d’une source de chaleur, généralement des braises ou un feu de bois, puis de racler le fromage fondu en surface sur la tranche à nu du fromage. Cette préparation est purement suisse, et elle se mange accompagnée de pommes de terre, d’oignon et de vin blanc.

En bon français, on ne pouvait pas s’empêcher de prostituées et de vulgariser une tradition étrangère. Ainsi naît la raclonette. Ce petit grill électrique sur lequel se disposent plusieurs coupoles contenant du fromage à raclette dispose également en son dessus d’une pierre, afin d’y faire griller de la charcuterie. Dans son manque évident de manque de tradition, la raclette française se mange alors avec de la charcuterie, du vin chaud et même parfois du vin rouge. Un rouge avec de la raclette… Tu veux pas le mettre au réfrigérateur tant qu’on fait dans le n’importe quoi ?

Bon, il n’empêche que malgré ma mauvaise foi, une raclonette est presque tout aussi appréciable qu’une raclette traditionnelle

Et c’est ainsi que la raclette s’est démocratisée en France, notamment grâce à entremonts et aux autres producteurs de fromages qui se sont emparé de ce phénomène, pour notre plaisir. Et vu que la raclette est un plat d’hiver, ne vous privez pas et foncez vous régaler entre amis, en famille ou même tout seul, la raclette ne fait pas d’exclus !

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